Literati

Chronique d’un vievagueur

Être sincère entièrement avec soi même.

Si la vie sentimentale ou émotionnelle a un but, ne devrait il pas être celui-ci? Vivre en parfaite conformité avec ce que l’on ressent. Laisser ses émotions trouver leurs expressions les plus sincères sur la scène que nous propose ce beau théâtre qu’est la vie. Difficile à réaliser, surtout quand le monde où l’on vit peine encore à saisir le sens du mot “tolérance”. C’est peut-être la raison pour laquelle beaucoup de mariés se retrouvent coincés sous un toit conjugal alors que plus rien ne fonctionne. Ils se balancent un lot de prétextes leur donnant le courage de continuer à respirer dans la relation, les enfants sont généralement en tête de la liste ; c’est peut être à cause de cela aussi que des amoureux en mal d’estime n’arrivent pas à assumer une relation stable et formelle quand la tendance dans les groupes d’amis tend à faire croire que le bonheur réside dans le célibat, que seuls les chiens sauvages sont heureux.

“… Je veux dire les amoureux qui n’avaient pas encore découvert que l’amour c’était tout ce qui n’y avait pas entre eux, une sorte de vérité sans nom ou à plusieurs versions.”

Makenzy Orcel, Les latrines.

La difficulté devient plus grande quand ces choses que l’on ressent varient d’un moment à l’autre. On est humain, après tout. Et nos sentiments ne se défilent pas en ligne droite. Ça vient. Ça part. Ça change. Change encore. Ça revient, pour ensuite repartir.

On peut aimer une certaine forme de beauté aujourd’hui, en aimer une autre demain tout en continuant à aimer la première ou en l’oubliant elle et tout ce qu’elle avait bien pu générer de sentiments. Un “je t’aime” n’a de sens que si on le ressent au moment où on le prononce. La seconde d’après appartient à l’avenir.

Personnellement, j’ai toujours eu plus de respect pour ce côté stable que j’ai, celui qui me permet d’assumer une relation et de tout faire pour la protéger. Mais le respectable n’est pas forcément le mieux, rien ne dit que l’on se sentira bien quand c’est celui ci qui prend le dessus (le côté respectable). Ainsi, tout se joue entre les doigts de cette vieille dame que l’on nomme Subjectivité. Alors se sentir bien n’est plus une question d’acceptation où encore d’intériorisation des normes que propose le monde extérieur. Tout dépend de la volonté à être comme on veut, à vivre pleinement son soi-même. Et le courage d’assumer.

Badio