Literati

Vers une nouvelle indépendance.

 

Un boulet de canon tua son cheval, il se releva et cria “En avant, en avant”. Un autre boulet emporta son chapeau, il cria “En avant, en avant”.

Aujourd’hui à force de dignité perdue, ces paroles peuvent résonner comme une épopée aux oreilles de plus d’un. L’histoire elle-même ne s’est pas assez attardée sur la dimension de l’homme et de son héroïsme.

François Capois dit Capois La Mort à la tête d’une demie brigade a été ordonnée par Dessalines de prendre Vertières aux français. Quatre fois ses troupes ont été repoussées et abattues au pied de Vertières. Quatre fois, il est revenu à la charge. Le général Rochambeau charmé par l’intrépidité de l’homme a dépêché un soldat auprès de lui pour saluer son courage et sa bravoure.

Ce geste revêt une profonde importance psychologique et politique. “Un leader peut renoncer à tout sauf à sa responsabilité.” Capois fut la parfaite illustration de ce maxime. Il resta fidèle aux ordres de son général et au serment des indigènes de “vivre libre ou mourir”. En se relevant après que les boulets l’aient frôlé, Capois communiqua à ses soldats l’adrénaline de l’invincibilité et aux soldats français celle de la peur. Ce fut l’acte même de l’indépendance. En permettant à Capois de se relever et de prendre des forces, Rochambeau signa ce dernier.

Dans le contexte actuel où l’on se soucie toujours de ce que pense le blanc, où l’on attend toujours le dernier mot du blanc, il est intéressant de souligner que le blanc lui est toujours prêt à saluer et à reconnaître ce qu’il y a de bon. A nous de nous hisser à cette dimension. Après tout qui veut son respect se le procure.

216 ans après la dernière bataille. 216 ans durant lesquels nous nous sommes acharnés à nous avilir, à nous salir, à perdre ce respect. Aujourd’hui, il est un impératif de méditer sur cette crise endémique et de mettre le cap vers ces valeurs, cette vision qui ont animé des héros de la trempe de cet Achille noir qu’est Capois La Mort.

Aujourd’hui, nous devons nous livrer une bataille de la dimension de Vertières. L’ennemi à abattre n’est autre que nos pensées et actions mesquines qui brident toute évolution. Changeons notre manière de penser, d’être et d’agir. En avant, en avant vers une nouvelle indépendance!

Mussa